Victor Brauner
18 octobre- 17 décembre 2011
émile bernard
21 MAI - 17 JUILLET 2010
Fernand léger
21 février - 30 avril 2009
grands surréalistes
13 mars - 14 juin 2008
laurens/lobo : rELATIONS
Nocturne Rive Droite 2006
JEAN Helion
Nocturne Rive Droite 2005
Roberto Matta
19 mai - 16 juillet 2004
Max Ernst
21 mai - 18 juillet 2003
YVES TANGUY
15 mai - 12 juillet 2002
VICTOR BRAUNER
Ces dernières années, la galerie Malingue a choisi d'explorer successivement les séduisants univers oniriques de plusieurs artistes surréalistes (Tanguy, Ernst, Matta) ; une aventure visuelle au cœur des Grands Surréalistes fut ensuite proposée.
Pour cette exposition d'automne, Victor Brauner, autre acteur essentiel de la scène surréaliste française (et dont pourtant la dernière exposition dans un musée parisien remonte à 1996, au Musée national d'Art moderne), créateur prolifique et énigmatique, est convoqué : un ensemble de plus de trente oeuvres présente un panorama de sa création. L'envie de donner à voir la brillante diversité et la vivacité de son oeuvre nous a incités à faire redécouvrir ce peintre majeur.
La carrière de ce peintre subtil, à l'imagination violemment déchaînée, débute dans l'orbite des milieux artistiques d'avant-garde du Bucarest des années vingt. Installé à Paris en 1930, son oeuvre parfois troublant, offrant une vision originale du monde, séduit d'emblée les Surréalistes qui l'accueillent très vite dans leur groupe. Plusieurs œuvres de l'exposition illustrent ces recherches des premières années parisiennes (Prophétie, L'Eclair questionne…).
Une série emblématique de cette période est l'ensemble mettant en scène le personnage imaginaire de "Monsieur K.", personnage obèse et moustachu, banquier-gendarme venu de Kafka et de Jarry. Ses "métamorphoses" cocasses et ésotériques sont démultipliées avec brio dans la Morphologie de l'Homme, de 1934, œuvre majeure et méconnue de la série.
Dans la nuit du 27 au 28 août 1938, dans l'atelier d'Oscar Dominguez, lors d'une altercation entre celui-ci et son compatriote Esteban Frances, Victor Brauner perd l'œil gauche. Les images de mutilation oculaire réalisées antérieurement apparaissent dès lors comme prémonitoires : Brauner se sent investi de pouvoirs exceptionnels et capable de capter les messages secrets, de déclencher des changements sur le plan intime ou cosmique. Cet accident devient pour lui le signe d'un accès initiatique à une autre visibilité, magique et mystérieuse.
Les années de guerre seront pour Brauner celles d'une réclusion forcée dans le Sud de la France. Mais sa force et sa richesse créatrices ne sont en rien diminuées, bridées seulement par le manque de moyens. Plusieurs œuvres sur papier illustrent la production de ces années difficiles, dont la magnifique aquarelle Lion Lumière Liberté (prêtée par les Musées nationaux) et l'étonnant Enterrez vos armes (unes des rares huiles de l'époque).
Après la guerre, de retour à Paris, Victor Brauner poursuit inlassablement ses expérimentations, porté par des "révélations" qui engendrent une oeuvre multiple et toujours surprenante. Ainsi La Rencontre du 2 bis rue Perrel, 1946 (prêté par le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris) témoigne de l'étrange coïncidence qui le fait s'installer dans l'immeuble même où vécut le Douanier Rousseau.
Chez cet inventeur épris d'occultisme, le mot est toujours important : "l'artiste est un proclamateur", affirme Brauner, soucieux de produire avec chaque oeuvre une vérité attisée par les mots du titre (Poète en exil, 1946), souvent inventés (Fantassin spermésthésique, 1949). Sa liberté et la richesse de son invention font de son atelier une sorte de "forge alchimique de l'art moderne".
Les personnages braunériens (Le Boyard, 1958, Stéréofigure, 1959 (prêté par le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris), Extrait du Radiant symbolique, 1962) sont des golems des temps nouveaux : l'humour y grince, la poésie y circule et le drame rôde. Des conflits de la vie intérieure naissent ces personnages (Fruit nouveau, 1964, prêté par les Musées nationaux).
La série testamentaire de ce travail riche et déroutant, nourri d'ésotérisme et de savoir psychanalytique, est illustrée dans l'exposition : une oeuvre de la magnifique série Mythologie, (conservée au Musée de l'Abbaye Sainte Croix, Les Sables d'Olonne) est présentée. Cet ensemble, couplé avec la série La Fête des Mères, est une suite de 14 œuvres. Chaque châssis est encastré dans un cadre de bois peint conçu selon une forme évocatrice, souvent zoomorphe. Des mots joyeusement déformés constituent les titres de ces toiles pleines d'humour et de fantaisie, associant la biographie de l'artiste à ses rencontres intellectuelles (l'alchimie, la psychanalyse, les nouveaux enjeux de la modernité etc…).
Avec cette exposition, et en cette année qui marque les cinquante ans d'activité de Daniel Malingue, la galerie Malingue est heureuse de pouvoir faire mieux connaître l'œuvre riche et énigmatique de cet "illuminateur" qu'est Victor Brauner, qui incarne au plus près l'esprit du mouvement surréaliste sous ses facettes les plus variées et dans toute sa complexité.
VICTOR BRAUNER
Exposition
MALINGUE
26 avenue Matignon – 75008 Paris
Du 18 octobre au 17 décembre 2011